ikom.fr – Conseil en stratégie e-commerce et multi-canale

Les best-practise sur le tunnel de commande

N’ hésitez pas à vous inscrire à la newsletter de ce blog !

Aux USA, 15% des e-consommateurs qui constituent un panier passent commande. Ce taux parait bien faible. Alors comment faire pour que les prospects si chèrement achetés qui constituent un panier aillent jusqu’au bout de leur commande ???

J’ai lu un livre blanc réalisé par elasticpath, société de services globale dans le monde de l’ecommerce traitant des best-practise sur le checkout. Je conseille à chacun la lecture de cette étude fort intéressante. (Malheureusement, à l’heure ou j’écris ce billet, le document PDF n’est plus dispo sur le site ????). Par contre, vous en trouverez un bon résumé ici.

Contenu

Ce livre blanc traite de nombreux sujets comme par exemple :

  • Faut-il laisser les éléments de navigation dans le tunnel de commande ?
  • Combien de pages pour le tunnel de commande idéal ?
  • La saisie d’un code promo ne nuit-elle pas à l’efficacité du tunnel de commande ?

Au total, ce sont 23 questions qui sont abordées. Le principal enseignement est malheureusement que les réponses sont différentes en fonction des secteurs et des marchés. Il n’y a pas de « Ã§a-marche » universels. Bien sur, le bon sens est respecté mais il y a aussi des surprises. Par exemple, un tunnel de commande court et rapide est un avantage pour les petits paniers, mais pas pour les grands …

Pour être complet sur cette étude, je souligne qu’elle a été réalisée auprès des 100 plus gros sites e-commerce aux US et qu’elle présente des résultats globaux comme des résultats par secteur d’activité (Mode, Électronique, Autres petit panier, Autres gros panier). La lecture par secteur s’avère bien entendu la plus utile à chacun.

Je ferai quelques billets sur ce blog sur le contenu de cette étude de temps en temps, en essayant de voir si on peut en apprendre des choses pour mieux satisfaire nos clients français…

Enseignements pour le secteur d’activité « autres » aux USA

Première surprise : si votre panier moyen est supérieur à 75$ (53€), le taux de transformation double avec l’augmentation du nombres de pages dans le tunnel de commande. Ainsi, il est préférable d’avoir 4 ou 5 pages dans le tunnel de commande que 3.

Ce qui fait augmenter le taux de transformation :

  • Afficher la date d’expédition,
  • Afficher les produits sur chaque page du tunnel de commande,
  • Clôturer le tunnel de commande par une page de confirmation (bien que je me demande en quoi puisse influer sur le taux de transformation…),
  • Afficher toutes les erreurs sur des popups et pas dans un rechargement de la page,
  • Proposer l’emballage cadeau ou l’ajout d’un message personnalisé au colis.

Ce qui n’a pas d’impact sur le taux de transformation :

  • Utiliser de l’ajax ou d’autres technologies dites « rich ».

Ce qui fait baisser le taux de transformation :

  • Rappeler la politique de retour. Ce point parait fou mais c’est pourtant vrai : sur les 100 plus gros sites internet aux USA, seuls 47 rappellent leur politique de retour (directement ou par un lien) dans le tunnel de commande. Encore plus surprenant : parmi les 35 sites qui ont le plus gros taux de transformation (supérieur à 5%), 26 n’évoquent pas du tout leur politique de retour dans le tunnel de commande.
  • Permettre la saisie d’un code promo : là aussi, c’est une surprise. plus précisément, l’étude montre que plus le panier est important et plus le code promo nuit au taux de transformation. Quoi qu’il en soit, d’après cette étude, il est préférable de permettre la saisie d’un code promo sur la page du panier que dans les autres pages du tunnel de commande.
  • Permettre de modifier son panier : c’est dommage mais c’est bien comme cela que cela semble fonctionner et le nom de « tunnel de commande » est bien à propos (j’en profite pour vous passer le dicton que j’ai découvert : « once they are in the checkout, keep them there! »).
  • Positionner la création de compte en dehors du tunnel de commande,
  • Proposer des solutions de paiement alternatifs comme Paypal, Google Checkout ou Bill me Later. Ces solutions de paiement sont utilisées par 36% des sites et semble n’avoir aucun impact positif sur le taux de transformation. Au contraire, plus le panier augmente et plus l’impact de ces solutions de paiement est négatif sur le taux de transformation.
  • Proposer des produits en Cross-selling : si l’impact négatif du cross-selling sur la page panier est négligeable, il est suicidaire sur toutes les suivantes. Les clients n’achetant pas en une seule visite, il est par contre vital de mémoriser leur panier le plus longtemps possible et de ne pas les polluer lors de la seconde visite par du cross-selling car ils sont alors dans un mental de paiement.
  • Afficher le montant du panier sur la dernière page du tunnel de commande : cela diminue de 60% le taux de transformation des e-tailers aux USA. cependant, ce point parait inévitable si l’on veut garder une bonne relation avec ses clients. Une solution peut-être d’avoir un bouton qui fait apparaître le contenu et le montant du panier, sur la demande du client ???

N’ hésitez pas à vous inscrire à la newsletter de ce blog ! vous recevrez alors un mail pour vous prévenir de le mise en ligne de nouveaux articles.


 

Loi Chatel, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain

La loi Chatel excite à juste titre le monde du e-commerce. Outre le fait qu’il n’y a pas eu consultation de la FEVAD, que dit cette loi sur le fond ?

En analysant le texte provisoire (merci Daniel pour le lien), voici les 3 sujets abordés par la loi pour le e-commerce : les moyens de contacts, l’engagement sur un délai de livraison pour chaque produit et le droit de rétractation.

  • SUJET 1 : concernant les communications, la loi indique que le professionnel ne peut pas faire payer les frais d’attente téléphonique et ne peut pas appliquer de surcoût autre que les coûts de communication pour les appels après-vente (suivi de commande, droit de rétractation). En outre, la loi précise que le e-commerçant n’est plus seulement tenu de communiquer « son numéro de téléphone » mais « ses coordonnées téléphoniques permettant d’entrer effectivement en contact avec elle« .
  • SUJET 2 : sur les délais, cet amendement impose au e-commerçant de s’engager sur un délai de livraison pour toute commande. Il faut savoir que la loi l’imposait déjà pour des achats de plus de 500€. Notons bien que la loi n’impose pas un délai mais une transparence sur le délai. Il ne s’agit donc pas de faire rouler plus de camions plus vite sur nos pauvres routes.

Concernant ces deux premiers points, cette loi n’a que du bon ! Et on le prouve en illustration :

J’ai commandé début décembre une cafetière en ligne sur un site nommé Electrostop. Cette cafetière était un cadeau et le délai annoncé a été aussi déterminant que le prix.

Le délai annoncé était « délai de livraison : 7 jours ». 24h après avoir passé ma commande, je reçois un mail non personnalisé :

« Bonjour,
Votre commande est en cours – dès réception de votre produit, qui actuellement n’est pas disponible, – une de nos hôtesses prendra contact avec vous afin de vous en aviser.
Nous vous remercions de votre confiance et notre service client est à votre entière disposition pour tout renseignement complémentaire.

Bien cordialement.

    Le service Client. »

J’appelle donc le jour suivant une bonne dizaine de fois sans arriver à joindre la personne qui me parait etre la seule responsable de la relation client. Par contre, j’entends une bande son à chaque fois. Je n’ai aucune information sur le coût de ces appels infructueux. Cela ne sera plus possible.

J’arrive enfin à joindre quelqu’un qui m’indique que le « délai de livraison : 7 jours » doit être compris comme « livré en 7 jours à compter de la réception dans notre entrepôt ». Cette mention est invisible sur le site et je me suis senti profondément trompé. Cela ne sera plus possible.

  • SUJET 3 : en ce qui concerne le droit de rétractation, il y a matière à se poser plusieurs questions. Tout d’abord, la loi définit le prix d’achat effectif comme « le prix unitaire net figurant sur la facture d’achat … majoré des taxes sur le chiffre d’affaires, des taxes spécifiques afférentes à cette revente et du prix du transport« . Ainsi, en e-commerce, le prix d’achat effectif est-il égal au prix des produits plus le prix des frais de port. Le texte dit ensuite « Lorsque le droit de rétractation est exercé, le professionnel est tenu de rembourser le consommateur de la totalité des sommes versées, dans les meilleurs délais et au plus tard dans les trente jours suivant la date à laquelle ce droit a été exercé« .

Là, nous avons un petit flou artistique… Les sommes versées correspondent-elles au prix du produit exclusivement ou au prix d’achat effectif ? J’ai bien peur que l’on parle ici du prix des produits et des frais de port.

Les questions qui se posent alors :

- Si un client exerce sont droit de rétractation, le marchand doit lui rembourser les frais de port aller. Qu’en est-il des frais de port payé par le client pour retourner son produit ?

- Si la commande comportait plusieurs articles, quel part des frais de port doit être remboursée ?

- Si le client souhaite simplement faire un échange, les frais de port sont-ils à sa charge ? Si oui, pourquoi mieux traiter un client qui exerce son droit de rétractation qu’un client qui commande réellement un produit en faisant un échange ?

- Pour les marchands qui vendent des produits lourds/volumineux à faible prix, il faut revoir le modèle économique. Car même s’il n’est pas agréable pour le client de faire un retour, le taux de retour ne peut qu’augmenter.

En conclusion, il faut maintenant rendre bonne cette loi. Sur le principe, ce qui me gêne le plus est que je vois la livraison comme un service à Valeur ajoutée pour le client et que dans le cas du droit de rétractation, cette valeur est « consommée ».

Mais il y a des avantages à cette loi :

  • Ceci dit, ces changements vont dans le sens du client et donc, à terme, dans le sens des marchands. Le droit de rétractation gratuit va sans doute doper le taux de transformation.
  • Enfin, soulignons que la loi n’impose pas de proposer gratuitement un service au client qui a un coût pour l’entreprise. Je pense qu’elle ne boulversera donc pas les modèles économiques de VAD interactive.
  • Concernant les transports, j’ai déjà évoqué sur ce blog la difficulté dans nos métiers de garantir les délais pour le client. Sachant que le délai le moins maîtrisable est bien celui des transporteurs a commencer par La Poste qui annonce 4 jours ouvrés de délai de livraison en décembre. Je vois donc cette loi comme un acte de management fort de notre Sénat sur notre (encore) unique transporteur de petits colis…

Le top des eTailer : SmartBargains.com

D’après une étude menée par Future Now Inc sur l’ergonomie des sites e-commerce aux US, le site SMART BARGAIN ressort comme étant le blus « usable ».

Une petite visite s’imposait donc sur ce site de produits de marques à prix cassés. On y découvre en effet des choses intéressantes :

  • tout d’abord, en page d’accueil, on découvre un site épuré qui braque l’éclairage sur les produits. Peu de couleurs hormis les produits mis en avant. L’inscription à la newsletter est positionnée en haut à droite et est très visible.
  • en terme de navigation, des choix impliquants ont été faits : ainsi, si le visiteur choisit de découvrir la gamme de manteau pour femme, il est orienté d’abord sur une page lui demandant sa taille. Cette page parait incontournable et permet ensuite au site de ne présenter que les modèles disponibles dans la taille du client. On accède ensuite à une page devenue classique à présent avec une liste de produits que le client peut filtrer par le menu de gauche ou trier par des critères en haut…
  • la fiche produit mérite le détour; comme la page d’accueil, elle est épurée. Une photo du produit de 300 pxl ressort clairement. L’absence totale de couleurs et le faible nombre de pictos braquent les projecteurs sur le produit pour le rendre plus désirable. Une promo qui occupe 100% de largeur du site (ici, sur les frais de port) apparait aussi de manière très claire entre le menu de navigation du haut et le chemin de fer. Le choix de la taille indique au visiteur les quantités disponibles.

En bref, un site épuré et qui à l’air efficace si on en croit l’étude de Future Now. Ce site réalisait déjà 110M€ de CA en 2005 d’après InternetRetailer avec un taux de transformation de 1,6%.

Enfin, cette étude publie 21 best practise pour l’ergonomie d’un site web. article très intéressant également.