En tant que e-commerçant, je n’aime pas les sites de code promo. Normal, je les finance. Pourtant, en tant que consommateur, je tape toujours « réduc xxx » dans google avant de valider mon panier… Quel paradoxe !
Le plus triste de cette histoire est que le client ne peut plus faire confiance aux prix. Quel est l’avantage pour un commerçant de faire appel aux sites de bons de réduction ? Franchement, vu par moi, aucun. Bien sur, pour un produit de grande marque, il pourra l’emporter face à son concurrent car il propose une réduc de 5% là ou ce dernier propose simplement 3%.
Mais le consommateur calcule le prix final. Donc, proposer des codes de réductions revient à baisser ses marges deux fois : une fois du montant de la réduction offerte au client, et une autre fois pour payer le site de codes promo via, la plupart du temps, une plateforme d’affiliation.
Le pire dans tout cela, ce sont les sites de codes de réduction qui se positionnent dans Google pour apparaitre sur une requête du type « réduc fnac« , alors même qu’ils n’ont pas de bons de réduction valides pour ce marchand et peut-être même que ce marchand n’en diffuse pas. Mais cela est un bon moyen de toucher une commission sur la vente à venir car l’internaute qui tape cette recherche est déjà dans un mental d’achat. Bon nombre de marchands se font avoir en acceptant ce type d’affiliés (il faut aussi dire que ce n’est pas l’intérêt des plateformes d’affiliation de prévenir leurs clients). Il faut voir PlanReduc : c’est un modèle du genre de sites qui ne crèent aucune valeur mais qui enrichissent certainement leur fondateur.
Mais alors, quel est l’avenir de ces sites ?
Tout d’abord, il y a les VPCistes qui eux, ont construit leur modèle économique sur les bons de réduction. Donner l’impression à un client qu’il fait une bonne affaire. Même si les clients sont en 2008 plutôt convaincu d’en faire une mauvaise en achetant sans bon de réduction.
J’aimerais savoir sur quoi parient les fondateurs de ces sites pour leur avenir à 5 ans… Je vois quelques pistes :
- se spécialiser sur un thème : devenir le spécialiste incontournable de la vente de produits de beauté. C’est à dire, avoir une marque propre, créer du contenu, apporter de la valeur et cautionner les boutiques auxquelles ont s’affilie.
- remplacer le cash-back par des dons : expliquer ouvertement au client que le site gagne de l’argent à chaque clic suivi d’un achat et être transparent sur ce que l’on fera de cet argent, voire même, proposer au client de décider lui-même ce qu’il souhaitera que le site en fasse.
- créer une expérience d’achat : c’est le cas du site lecentredumonde qui recrée un univers de galerie commerciale sur le web, avant de diffuser les codes de réduction.
- remplacer la réduction par du cash-back : une manière de fidéliser les clients à leur service et d’ajouter du cashback aux bons de réduction comme le font ebuyclub et cashstore. Mais les intérets des marchands (fidéliser le client pour optimiser le CAC futur) et celui des sites de bons de réduction (fidéliser également) est alors divergeant. On peut donc se demander si à un moment, ces sites devenus incontournables ne seront pas boudés d’un coup par tous les marchands. Etre associé à cashstore parmi 10 sites, c’est différentiant, être le 500ème ne confère aucun avantage et dimiunue la marge opérationnelle.
En faisant un tour d’horizon de ce qui se fait dans d’autres pays, je ne vois rien de révolutionnaire non plus. Je parie donc sur la disparition de ces sites ou sur leur évolution en moteur de shopping avec cash-back. J’espère en tous cas que les e-consommateurs se rendront vite compte que ces réductions offertes sont incluses dans le modèle économique du marchand et que celui-ci aurait pu proposer un prix pratiqué plus bas à 100% de ses clients s’il n’avait pas activé de codes de réduction.
URC a dit :
Bonjour,
A chaud, un client à l’impression de faire une meilleure affaire lorsque nous lui proposons 10% de remise (donc sur 100€, il ne paiera que 90€) plutot que de lui proposer directement le produit à 90€.
De plus, sur n’importe quel support, proposer 10% déclenche plus de réactions que de proposer automatiquement tous les prix plus bas de 10%. Le problème inhérent est que du coup, si ce déclencheur est absent, l’internaute ne regarde même pas.
Même avec la marge que cela redistribue, il est généralement plus rentable d’utiliser ce type de technique.
Pour un producteur qui en plus vend ces produits, retrouver des intermediaires doit être assez frustrant.
Mais nous sommes dans un marché d’abondance d’offres qui necessite donc l’agregation de certains contenus sur certains supports (quit à en perdre une partie) pour obtenir un minimum de visibilité.
La desintermediation n’est ainsi possible que dans un marché de penurie ou emergent (peu d’offreurs).
Vous même avouez que lorsque vous allez commander, vous rechercher un code promo… comment pourrait il disparaitre si même leurs detracteurs les utilisent ?
et si vous affichiez directement les remises disponibles sur Koodza
Au plaisir de vous lire
Jérôme a dit :
Merci Mickael pour votre commentaire. Je sais que chaque client prépère payer 50€ s’il voit au-dessus de ce prix un prix barré et je n’échappe, à titre personnel, malheureusement pas à cette règle.
Cependant, on peut se poser la question de la perennité de ce modèle qui dans les faits est une tromperie puisqu’il empêche la lisibilité du prix au client. D’ailleurs, certains marchands me confiaient qu’il ne sert plus à rien d’être le moins cher dans les comparateurs : il suffit d’être bien positionné. J’interprête cela en me disant que le client sait aussi que le moins cher n’est pas forcement le plus qualitatif, car la qualité cela à un coût. C’est simple et le client l’intègre de plus en plus.
Si on fait un lien avec les boutiques réelles de vêtements, on constate bien que nous sommes dans un cercle vicieux : chacun d’entre nous sait que ces boutique achètent ou font produire du stock avant les soldes, stock qui ne sera jamais vendu au prix fort et sera soldé. Le client se jette dessu pour l’instant animé par un vieux reflèxe, un conditionnement, mais je suis convaincu qu’un jour, il ne rentrara plus chez lui en se disant qu’il a forcement fait une bonne affaire…
Je suis tout à fait en phase sur le fait que le besoin d’intermédiation est directement proportionnel à la taille de la concurrence.
Enfin, à la question « comment les codes promos pourraient-ils disparaitre ? » je n’ai pas de réponse. Si quelques marchands réussissent avec une politique de prix transparente, cela ne suffit-il pas ?
David a dit :
Bonjour,
C’est vrai qu’il y a trop de site de bon de réduction en ce moment, donc trop de mauvais site. Mais ce marché est en pleine expansion en ce moment. Pour ce faire une petite idée, tapez code promo ou code reduction dans google trends (www.google.com/trends) et vous verrez que le volume de recherche effectué par les internautes sur ces mots clés augmentent d’année en année. Donc je dirai que le nombre de site de bon de reduction va augmenter. Après, ce sont les internautes qui vont juger quel site est meilleur qu’un autre, donc les mauvais site vont (peut-etre) disparaitre ou au moins diminuer.
Mais ce sont les plateformes d’affiliation qui seront les vrais responsables dans l’augmentation du nombre de ces sites. J’ai l’impression que ces plateformes acceptent de travailler avec le premier site venu, vu la qualité de certains sites de bon de réduction. Mais je pense qu’ils ne se posent pas encore la question vu que c’est un marché apparemment juteux.
Jérôme a dit :
tu as raison David, les plateformes d’affiliation portent une grande responsabilité dans l’essor de ces sites qui ne proposent pas tous un vrai service au client
PizzaToy a dit :
Le pire du pire c’est de voir durant les soldes du -80%. Le commerçant se fait encore une marche malgré ce fabuleux rabais, du moins j’espère pour lui. Mais ça coince lorsqu’on pense que tout le reste de l’année on s’est fait…
Pour revenir au sujet des codes promos, pour ma part j’y vois de bonnes opportunités de communications commerciales. Exemple : Partenariats avec des prescripteurs de type associations ou fédérations de professionnels à qui on donne un code pour leurs membres. Ces derniers taperont ce code sur un site en version Beta qui a besoin de beta testeur pour l’amorçage du projet. Dans ce cas tout le monde s’y retrouve !
@+
Codes Promotion a dit :
Les sites de codes promotion permettent aux magasins de faire de la pub sur le net pour pas cher.
Jérôme a dit :
pour pas cher, ben voyons… Le code promo et la comm d’affiliation. Cher, c’est quand il paie aussi le café